Articles

Affichage des articles du 2011

Graham Masterton - Démences

[…] Peu après sept heures, ce même soir, un agent d’assurance de trente trois ans, Arnold Cohn, sortit de l’ascenseur au niveau 3 du parking de l’immeuble des Assurances Mutuelles du Wisconsin, et s’avança dans la travée centrale, tout en se passant la main dans les cheveux. Il avait rendez-vous avec une jeune femme, Naomi Breinstein, ce soir, pour un dîner italien, et ensuite il espérait bien l’emmener chez lui, dans son appartement de Shorewood, pour écouter des airs d’opéra. Dans son attaché-case, à part tous les rapports concernant cet incendie extrêmement suspect qui avait détruit les entrepôts de primeurs Voight, il y avait un nouvel enregistrement CD du Calife de Bagdad de François Boieldieu. Arnold était un passionné d’opéras, bien au-delà de Verdi. Ses cheveux lui donnaient des inquiétudes. Bien qu’il eût seulement trente-trois ans, il avait un commencement de tonsure, au point que s’il faisait pivoter le miroir de son armoire à pharmacie, de manière à apercevoir l’arrière de...

L’âme et la vie après la mort chez les anciens Arabes

Les Arabes païens n’avaient pas une idée bien définie de ce qu’était la vie après la mort, mais il semble qu’ils aient cru en la survie de l’âme après la mort du corps. Au moment de la mort, l’âme quittait le corps sous la forme d’un oiseau ( hàma ) qui, abandonné et désespéré, volait au-dessus du cadavre, pleurant pitoyablement son propriétaire. On rencontrait souvent ce genre d’oiseaux dans des endroits désolés, dans les cimetières, ou bien là ou quelqu’un avait connu une mort violente. Certaines âmes-oiseaux se rassemblaient près du domicile des enfants du défunt, pour leur apprendre ce qui était arrivé à leur parents. On pensait que l’âme-oiseau prenait l’aspect d’un hibou, parfois d’un aigle. Il sortait du crâne tout petit et devenait progressivement adulte avec des plumes. Si le défunt avait été assassiné, son âme-oiseau devait hanter le lieu du meurtre, vociférant : « Apaise ma soif ! Apaise ma soif ! » Seul   le sang du meurtrier, versé par vengeanc...

Adrift

Adrift... Ce mot a une étrange résonnance dans mon esprit... En fait je l'ai découvert à travers un morceaux de Rapoon, de l'album My Life as a Ghost, un de mes préférés (tiens d'ailleurs, ce sera mon bruit de fond pour finir la semaine). Il signifie littéralement "à la dérive". Quand j'ai trouvé la signification de ce mot, je n'ai pas pu m'empêcher de sourire intérieurement. Après tout, ce terme résume pas mal de choses depuis quelques années. Surtout des vagues à l'âme persistants. Tiens d'ailleurs, vague à l'âme - à la dérive... Vous me suivez ? Ça y est, je recommence. Mais heureusement, j'arrive au bout. J'ai ouvert un onglet de trop sur le navigateur, et tout a foutu le camp. De toute façon cet article commençait à prendre une tournure un peu trop nautique à mon gout. Allez, fin de la transmission, rendez-vous même endroit, même heure et même névrose. L'ataraxie est encore loin.

Maila Nurmi a.k.a Vampira

Image
Ce nom ne vous est peut être pas familier, mais peut être que le nom de Vampira vous parlera davantage. Non ? Et si je vous parle cette fois du « plus mauvais film de tous les temps », ça vous revient ? Plan 9 From Outher Space bien sûr, du grand Ed Wood ! Maila Elizabeth Syrjäniemi, est née le 11 décembre 1922 à Petsamo en Finlande, avant que cette ville ne devienne russe et soit rebaptisée Petchenga. À 2 ans elle migre aux Etats Unis avec sa famille et s’installe dans l’Ohio. À 17 ans elle s’installe à Los Angeles pour chercher la gloire comme beaucoup d’autres et se lance dans le mannequina et posera notamment pour Alberto Vargas avant d’être repérée à une soirée costumée, déguisée en un personnage de bande dessinée de Charles Addams que tout bon gothique se doit d’avoir lu puisqu’il s’agit ni plus ni moins de La Famille Addams. C’est ainsi qu’en 1954, Maila animera une émission télévisée sous le nom de Vampira, The Vampira Show. La vidéo qui suit est l’intro...

Graham Masterton - Le jour J du jugement

[…] Le clair de lune blafard arrivait à peine jusqu’ici, près de la rivière, en raison des falaises. Je traversai la chaussée et marchai jusqu’au char. J’effleurai du bout des doigts son garde-boue froid et rongé par la rouille. Il semblait tellement mort, abandonné et rouillé que, maintenant que je l’avais de nouveau sous les yeux, j’avais du mal à croire qu’il émanait de lui le moindre élément surnaturel. Ce n’était rien d’autre qu’un tas de ferraille datant de la dernière guerre. Il y eut un bruissement dans l’herbe, à proximité des chenilles, et je me figeai sur place. Puis un lapin bondit de sous le char et détala vers la haie. C’était une époque de l’année plutôt tardive pour des lapins, mais je me dis qu’ils avaient sans doute fait leur terrier à l’intérieur du char lui-même, ou en-dessous, à un endroit quelconque. Peut-être était-ce la véritable solution au mystère du char « hanté » de Pont d’Ouilly … des lapins poussant des petits cris aigus et produisant des bruissem...

Les crânes hurleurs

Image
Pour beaucoup de peuples primitifs le crâne était l'objet d'une terreur superstitieuse. Ils y voyaient le siège de l'âme. Les chasseurs de tête conservaient le crâne de leurs ennemis comme de précieux trophées. Les guerriers scandinaves buvaient dans des crânes, car ils pensaient qu'ainsi ils héritaient des vertus martiales de leurs adversaires. Les crânes ont toujours joué un rôle important dans les pratiques des sorcières et des magiciens. Il y a eu un procès célèbre au sujet des crânes, celui qui fut intenté en 1612 à Anne Chattox, qui commandait à toute une bande de sorcières du Lancashire. Elle fut accusée d'avoir déterré trois crânes dans un cimetière pour s'en servir dans des rites démoniques. Évidemment, elle fut pendue. Au XVIIe siècle, une jeune fille nommée Anne Griffiths, qui vivait à Burton Agnes Hall (le célèbre manoir où habitera plus tard Elizabeth I), dans le Yorkshire, fut attaquée et sauvagement battue par des voleurs. Au moment où elle allait...

J'ai un aveu à vous faire

Vous connaissez l'histoire du clown Paillasse ? C'est celle qui résume le mieux ce qui se passe dans ma tête et dans mon interface. Parce que oui, je vis en interface. Je suis branché sur une plateforme qui prend le pas de plus en plus sur cette réalité. Je déconne virtuellement, et dans la vraie vie je suis réservé. Effacé. Mais on s'y fait à la longue. Dites-vous que j'étais pire que ça avant. On s'approche des une heure du matin, et je n'ai pas sommeil. Je n'ai pas envie de traîner, tout à l'heure je me lève tôt pour aller travailler. Ah ! Le "travail"... Voilà sept ans que je pourris sur ma chaise, fixant l'ordinateur et tuant le temps à poster des conneries sur des réseaux sociaux. J'ai dépassé les 250 amis sur Facebook, et pourtant mon téléphone ne sonne jamais. Je m'en cogne, je trouve ça juste quelque peu ironique. Cette vie fait un pied de nez à tous ces gens qui pensent sincèrement que vivre en interface les n...

La danse du goth

Image
Vous vous rendez régulièrement en soirée gothique, et passez le temps à faire des allers-retours entre le banc et le comptoir du bar, sans passer par la piste de danse. Et la raison à cela est que vous n’avez jamais osé vous ridiculiser en exécutant des pas de danse hésitants qui ne correspondaient pas aux mouvements de base, indispensables pour ne pas essuyer des regards de mépris de toute part. Eh bien cette époque est terminée, car votre humble serviteur va vous expliquer les rudiments de cet atout indispensable pour briller en soirée gothique, et le tout dans la pénombre hachée des flashes des stroboscopes. Pour commencer en douceur, rien de tel qu’une vidéo pour illustrer le mouvement de base. Et ce sont les jeunes goths de South Park qui s’y collent ! Bien entendu, l’élitiste esthète que vous êtes ne peut se contenter d’une danse aussi simpliste et au demeurant peu engageante artistiquement. Il convient donc de l’agrémenter quelques peu en mouvements compliqués. Les mains p...

Les New Rock

Image
Différentes tragédies ont frappé le milieu underground au cours de son histoire, comme par exemple la mort de Ian Curtis et de Rozz Williams. Mais celle qui sonna le glas du raffinement vestimentaire et du bon goût en général fut, et restera l’apparition des New Rock. Véritable institution au sein du milieu underground, ces bottes venues d’une autre planète qui font ouvrir des yeux globuleux aux passants sont devenues un accessoire de mode incontournable et le plus efficace des plans de conquête du monde ourdis par le lobby des geeks. Cependant, d’où viennent-elles ? Comme pour toutes les catastrophes, on ne sait jamais vraiment d'où elles viennent ni pourquoi elles nous tombent dessus. Le peu d'information sur les origines de ces horreurs ne suffit donc pas à tout expliquer, aussi n'en voulez pas à l'auteur pour la prolixité de cet article qui, il s'en doute, ne pourra pas apporter la lumière sur ce complot qui a fait des milliers de victimes. Tout commença en 1929...

Faux tographes et vraies pulsions

Hier à la brocante de la Cité à Limoges, je tombe sur un livre qui traite de l'histoire de la photo, un livre ancien. J'ouvre une page au hasard, et je tombe sur une série de photos de nu datant du début du 20e siècle. Il y a une espèce de chasse aux "faux-tographes" lancée par des photographes gardiens de la bonne morale et des modèles vertueuses. Mon avis est que la photographie a servi dès ses débuts à illustrer l'érotisme et la sensualité, voire la pornographie. Les applications et les styles ont évolué avec le temps, mais cette tendance a toujours perduré. Et le numérique fit son apparition, démocratisant l'art très fermé de la photographie et ouvrant la voie à de nombreux amateurs qui se sont très vite proclamés photographes, dont votre serviteur. L'économie de marché ayant fait son ouvrage dans ce domaine, les photographes et les modèles se livrent à une rude concurrence, allant parfois jusqu'aux coups bas et à la dénonciation cal...

Graham Masterton

Image
Graham Masterton est un écrivain écossais né le 16 janvier 1946 à Édimbourg. Officiant au départ dans le journalisme et l’édition notamment pour le magazine pour adulte Mayfair et Penthouse, il écrit son premier roman, Manitou, en une semaine en 1975 qui fut adapté au cinéma avec Tony Curtis dans le rôle de Harry Eskrine. Son impressionnante bibliographie est une encyclopédie des mythologies du monde, à travers des histoires terrifiantes de dieux et de démons antiques, de créatures des temps anciens surgies du passé pour hanter notre quotidien et entraînant dans leur machination des personnages on ne peut plus banals, improvisés en héros malgré eux pour l’occasion. Il est très facile d’être captivé par l’ambiance de ses œuvres, le style d’écriture de Masterton est simple, et les descriptions des personnages, des lieux et de l’action en général sont détaillées avec la méticulosité et la précision du chirurgien. Un auteur que je recommande aux amateurs de frissons et de mythes. Bibliogra...

La photographie post-mortem

Image
Lors de l’invention de la photographie il y a 170 ans, ses applications se sont ramifiées dès ses premiers soubresauts. L’une d’entre elles, et non la moindre, est la photographie post-mortem. À cette époque, le taux de mortalité était plus important qu’aujourd’hui. Certaines maladies comme la variole, la tuberculose ou le choléra faisaient un grand nombre de victimes en Europe, notamment parmi les enfants. Dès l’apparition des daguerréotypes, premier procédé photographique permettant de conserver de façon permanente une image, une tradition a commencé à se développer vers la fin du 19 ème siècle auprès des familles qui n’avaient pas les moyens d’exécuter un portrait peint de la personne disparue. Une photo du corps, entouré des membres de la famille était prise avant l’inhumation. Au-delà de l’aspect morbide de cette tradition, cela permettait de garder une image impérissable de l’être cher et aussi la possibilité pour les parents éloignés géographiquement et ne pouvant pas assister ...

Ouverture

Les mots ont tari depuis longtemps en ce qui me concerne, je ne m'en cache pas. En fait, je ne suis même pas certain qu'ils aient pu s'écouler convenablement de mon esprit. Par nostalgie, ou par simple curiosité, je me suis amusé à parcourir les quelques histoires écrites il y a quelques années de cela. Grand était mon trouble de me replonger dans un passé, pas si lointain, mais où j'étais tellement... différent. Mon esprit était plein de fantasmagories, d'histoires qui me berçaient en permanence. Je m'identifiais à ces légendes, et je voulais que ma vie y ressemble. Ces histoires que j'écrivais étaient bel et bien des rêves éveillés et des allégories de certains moments de ma vie. Qu'est-ce qui a changé ? Tout. Je suis entré dans la période néfaste où la vie est réglée aussi précisément que la badgeuse qui marque l'heure d'arrivée et de départ du bureau. Où le chemin qui mène du travail à l'appartement est sans surprise ni travers, où chaque...