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Voeux d'un cynique

L’activité moribonde de ce blog est la preuve s’il en est qu’il ne faut jamais s’engager au moment des résolutions de fin d’année. Surtout quand on est quelqu’un qui vit au jour le jour et ne fait pas de plans sur la comète. Ou sur l’astéroïde. Un certain nombre d’entre eux ont frôlé la Terre cette année, toujours pas de fin du monde à l’horizon, tout va bien. Le Triste Théâtre représente la partie de ma vie la plus bizarre, celle où j’ai commencé à m’habiller en noir et à écouter de la musique où les chanteurs ont une voix plaintive et les instruments ont une sonorité froide et minimaliste. C’est aussi la période où mon besoin d’appartenir à un milieu a été le plus fort et ne s’est conclu en fin de compte que par un violent rejet de celui-ci, ou plutôt de ceux-ci car j’ai découvert au fil du temps qu’il y avait autant de milieux underground que de villes ou de styles. L’impossibilité pour moi de trouver ma place dans un milieu underground n’a fait que me conforter dans l’idée ...

I Goth My World

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 Paris, Strasbourg, Hildesheim... Pendant un an, les réalisateurs ont arpenté les festivals, les clubs et les boutiques des deux côtés du Rhin, pour rencontrer les amateurs de rock gothique. Chancy, 17 ans, conquis par la nouvelle tendance cyber, s'habille de couleurs fluos et s'entraîne pour devenir danseur professionnel. Katmi, Franco-Allemande de 34 ans, se rattache plutôt à la tendance médiévale et regrette l'engouement croissant pour l'électro. Le Boucanier, un cadre supérieur de 48 ans, est l'un des plus anciens organisateurs de soirées gothiques à Paris, et l'un des plus reconnus. Ces trois portraits, représentant trois générations, illustrent l'évolution et la diversité d'un mouvement qui a su conquérir des dizaines de milliers de fans, et séduit même plus largement, comme en témoignent les films de Tim Burton ou les emprunts de Jean Paul Gaultier au look de cuir noir. Ce n'est pas comme si je m'attendais au pire en r...

Beat Generation et Beatniks

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La Beat Generation est, à l’origine, un cercle littéraire fondé par Jack Kerouak au début des années 50. Ce qui était au début un qualificatif pompeux d’artistes maudits est devenu au fil du temps un mouvement culturel à part entière, et une génération de baroudeurs à la créativité spontanée et prolifique,  rejetant la société de consommation florissante des Etats Unis des 30 Glorieuses. Le terme de Beat avait la connotation de « fatigué », mais Jack Kerouac préférait y associer la notion de « upbeat », à savoir « air de musique » ou bien « beatific » : béatifique, qui correspond dans son sens premier à une vision humaine du divin. Ce qui caractérisait ce mouvement était avant tout le désir de dépasser les limites de la liberté d’expression et une revendication poussée de leur anticonformisme. Et à côté de cela une recherche profonde au niveau de la spiritualité, ce qui poussaient les membres de la Beat Generation à chercher des influences du côté de religions telles que le Boud...

Réseaux (?) sociaux (?)

Attention, le message qui va suivre comporte un nombre important de parenthèses et de non-sens. Les personnes qui me connaissent (peu) et me côtoient (rarement) savent le temps que je passe sur les réseaux sociaux. À savoir, énormément de temps à publier plus de conneries trouvées un peu partout (y compris dans mon esprit dérangé) que de photographies personnelles. J'ai peut-être un peu de mal à me l'avouer (heureusement que ma femme ne se prive pas de me le dire), mais je subis une grave addiction à ces réseaux sociaux qui non seulement parasitent mon temps libre et/ou de travail, mais parasitent également le temps que je devrais consacrer à la réflexion et à l'avancement de mes projets. (Cool, une notification !) Dans ma situation, je serais en droit de me demander quels bénéfices je peux donc bien tirer du temps que je consacre à ces réseaux sociaux. Après tout, je ne fais partie d'aucun cercle. Le seul appel téléphonique que je reçois provi...

Lustmord

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Dans le domaine du dark ambiant que j’affectionne, parce que le dark ambiant, c’est dark, ça fait peur la nuit, et ça impressionne les filles ; je profite de l’occasion pour vous parler de l’un des piliers du genre. Et c’est d’un gallois dont il s’agit, Brian Williams, et de son projet : Lustmord. Traduisez Lustmord par « meurtre sadique », en allemand ou suédois. Histoire de vous faire une idée, une première impression. C’est en 1981 que l’album éponyme sort, mais cette période est surtout marquée par des collaborations avec d’autres artistes du genre industrial noise, comme le groupe australien SPK de Graeme Revell, ou plus récemment avec le groupe Tool. L’expérimentation sonore de Williams partait du principe de la prise de son en field recording, qui consiste à enregistrer les sons d’un environnement extérieur précis comme la ville, la campagne, ou bien une fête. Pour Lustmord, c’était plus joyeux : les prises de sons se faisaient dans des caves, des cryptes et même d...

Un thé chaud ?

Excusez le titre, je traverse une période creuse en matière d'inspiration comme vous le savez déjà. Alors pendant que l'eau chauffe, j'aimerais en profiter pour déblatérer des conneries. Oh mais que vois-je ? Un bout de galette. Il y a longtemps, je pensais que le pire signe de mépris que l'on pouvait avoir pour sa vie professionnelle était de faire la grosse commission et de ne pas tirer la chasse d'eau. Ou du moins c'est ainsi que je comparaissais ce bureau aux odeurs suspectes de parfums dispendieux et de crèmes pour le visage antirides inefficaces. Au fil du temps je me suis mis à avoir de l'affection pour ce tableau quotidien, ce vaudeville permanent qui se jouait sous mes yeux chaque jour passant. Le tableau a évolué bien sûr, la peinture s'en allant en croûtes épaisses. Ah, l'eau a bouilli. Excusez-moi. Un sucre et demi. Voilà qui est fait. Tiens, comme c'est amusant. Cette alchimie du sucre en morceau qui s'ef...

Graham Masterton - Démences

[…] Peu après sept heures, ce même soir, un agent d’assurance de trente trois ans, Arnold Cohn, sortit de l’ascenseur au niveau 3 du parking de l’immeuble des Assurances Mutuelles du Wisconsin, et s’avança dans la travée centrale, tout en se passant la main dans les cheveux. Il avait rendez-vous avec une jeune femme, Naomi Breinstein, ce soir, pour un dîner italien, et ensuite il espérait bien l’emmener chez lui, dans son appartement de Shorewood, pour écouter des airs d’opéra. Dans son attaché-case, à part tous les rapports concernant cet incendie extrêmement suspect qui avait détruit les entrepôts de primeurs Voight, il y avait un nouvel enregistrement CD du Calife de Bagdad de François Boieldieu. Arnold était un passionné d’opéras, bien au-delà de Verdi. Ses cheveux lui donnaient des inquiétudes. Bien qu’il eût seulement trente-trois ans, il avait un commencement de tonsure, au point que s’il faisait pivoter le miroir de son armoire à pharmacie, de manière à apercevoir l’arrière de...

L’âme et la vie après la mort chez les anciens Arabes

Les Arabes païens n’avaient pas une idée bien définie de ce qu’était la vie après la mort, mais il semble qu’ils aient cru en la survie de l’âme après la mort du corps. Au moment de la mort, l’âme quittait le corps sous la forme d’un oiseau ( hàma ) qui, abandonné et désespéré, volait au-dessus du cadavre, pleurant pitoyablement son propriétaire. On rencontrait souvent ce genre d’oiseaux dans des endroits désolés, dans les cimetières, ou bien là ou quelqu’un avait connu une mort violente. Certaines âmes-oiseaux se rassemblaient près du domicile des enfants du défunt, pour leur apprendre ce qui était arrivé à leur parents. On pensait que l’âme-oiseau prenait l’aspect d’un hibou, parfois d’un aigle. Il sortait du crâne tout petit et devenait progressivement adulte avec des plumes. Si le défunt avait été assassiné, son âme-oiseau devait hanter le lieu du meurtre, vociférant : « Apaise ma soif ! Apaise ma soif ! » Seul   le sang du meurtrier, versé par vengeanc...

Adrift

Adrift... Ce mot a une étrange résonnance dans mon esprit... En fait je l'ai découvert à travers un morceaux de Rapoon, de l'album My Life as a Ghost, un de mes préférés (tiens d'ailleurs, ce sera mon bruit de fond pour finir la semaine). Il signifie littéralement "à la dérive". Quand j'ai trouvé la signification de ce mot, je n'ai pas pu m'empêcher de sourire intérieurement. Après tout, ce terme résume pas mal de choses depuis quelques années. Surtout des vagues à l'âme persistants. Tiens d'ailleurs, vague à l'âme - à la dérive... Vous me suivez ? Ça y est, je recommence. Mais heureusement, j'arrive au bout. J'ai ouvert un onglet de trop sur le navigateur, et tout a foutu le camp. De toute façon cet article commençait à prendre une tournure un peu trop nautique à mon gout. Allez, fin de la transmission, rendez-vous même endroit, même heure et même névrose. L'ataraxie est encore loin.

Maila Nurmi a.k.a Vampira

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Ce nom ne vous est peut être pas familier, mais peut être que le nom de Vampira vous parlera davantage. Non ? Et si je vous parle cette fois du « plus mauvais film de tous les temps », ça vous revient ? Plan 9 From Outher Space bien sûr, du grand Ed Wood ! Maila Elizabeth Syrjäniemi, est née le 11 décembre 1922 à Petsamo en Finlande, avant que cette ville ne devienne russe et soit rebaptisée Petchenga. À 2 ans elle migre aux Etats Unis avec sa famille et s’installe dans l’Ohio. À 17 ans elle s’installe à Los Angeles pour chercher la gloire comme beaucoup d’autres et se lance dans le mannequina et posera notamment pour Alberto Vargas avant d’être repérée à une soirée costumée, déguisée en un personnage de bande dessinée de Charles Addams que tout bon gothique se doit d’avoir lu puisqu’il s’agit ni plus ni moins de La Famille Addams. C’est ainsi qu’en 1954, Maila animera une émission télévisée sous le nom de Vampira, The Vampira Show. La vidéo qui suit est l’intro...

Graham Masterton - Le jour J du jugement

[…] Le clair de lune blafard arrivait à peine jusqu’ici, près de la rivière, en raison des falaises. Je traversai la chaussée et marchai jusqu’au char. J’effleurai du bout des doigts son garde-boue froid et rongé par la rouille. Il semblait tellement mort, abandonné et rouillé que, maintenant que je l’avais de nouveau sous les yeux, j’avais du mal à croire qu’il émanait de lui le moindre élément surnaturel. Ce n’était rien d’autre qu’un tas de ferraille datant de la dernière guerre. Il y eut un bruissement dans l’herbe, à proximité des chenilles, et je me figeai sur place. Puis un lapin bondit de sous le char et détala vers la haie. C’était une époque de l’année plutôt tardive pour des lapins, mais je me dis qu’ils avaient sans doute fait leur terrier à l’intérieur du char lui-même, ou en-dessous, à un endroit quelconque. Peut-être était-ce la véritable solution au mystère du char « hanté » de Pont d’Ouilly … des lapins poussant des petits cris aigus et produisant des bruissem...

Les crânes hurleurs

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Pour beaucoup de peuples primitifs le crâne était l'objet d'une terreur superstitieuse. Ils y voyaient le siège de l'âme. Les chasseurs de tête conservaient le crâne de leurs ennemis comme de précieux trophées. Les guerriers scandinaves buvaient dans des crânes, car ils pensaient qu'ainsi ils héritaient des vertus martiales de leurs adversaires. Les crânes ont toujours joué un rôle important dans les pratiques des sorcières et des magiciens. Il y a eu un procès célèbre au sujet des crânes, celui qui fut intenté en 1612 à Anne Chattox, qui commandait à toute une bande de sorcières du Lancashire. Elle fut accusée d'avoir déterré trois crânes dans un cimetière pour s'en servir dans des rites démoniques. Évidemment, elle fut pendue. Au XVIIe siècle, une jeune fille nommée Anne Griffiths, qui vivait à Burton Agnes Hall (le célèbre manoir où habitera plus tard Elizabeth I), dans le Yorkshire, fut attaquée et sauvagement battue par des voleurs. Au moment où elle allait...

J'ai un aveu à vous faire

Vous connaissez l'histoire du clown Paillasse ? C'est celle qui résume le mieux ce qui se passe dans ma tête et dans mon interface. Parce que oui, je vis en interface. Je suis branché sur une plateforme qui prend le pas de plus en plus sur cette réalité. Je déconne virtuellement, et dans la vraie vie je suis réservé. Effacé. Mais on s'y fait à la longue. Dites-vous que j'étais pire que ça avant. On s'approche des une heure du matin, et je n'ai pas sommeil. Je n'ai pas envie de traîner, tout à l'heure je me lève tôt pour aller travailler. Ah ! Le "travail"... Voilà sept ans que je pourris sur ma chaise, fixant l'ordinateur et tuant le temps à poster des conneries sur des réseaux sociaux. J'ai dépassé les 250 amis sur Facebook, et pourtant mon téléphone ne sonne jamais. Je m'en cogne, je trouve ça juste quelque peu ironique. Cette vie fait un pied de nez à tous ces gens qui pensent sincèrement que vivre en interface les n...