Un thé chaud ?
Excusez le titre, je traverse une période creuse en matière d'inspiration comme vous le savez déjà. Alors pendant que l'eau chauffe, j'aimerais en profiter pour déblatérer des conneries.
Oh mais que vois-je ? Un bout de galette.
Il y a longtemps, je pensais que le pire signe de mépris que l'on pouvait avoir pour sa vie professionnelle était de faire la grosse commission et de ne pas tirer la chasse d'eau. Ou du moins c'est ainsi que je comparaissais ce bureau aux odeurs suspectes de parfums dispendieux et de crèmes pour le visage antirides inefficaces. Au fil du temps je me suis mis à avoir de l'affection pour ce tableau quotidien, ce vaudeville permanent qui se jouait sous mes yeux chaque jour passant.
Le tableau a évolué bien sûr, la peinture s'en allant en croûtes épaisses.
Ah, l'eau a bouilli. Excusez-moi.
Un sucre et demi. Voilà qui est fait.
Tiens, comme c'est amusant. Cette alchimie du sucre en morceau qui s'effrite tout en tombant au fond de la tasse jusqu'à ne devenir qu'un petit tas cristallin. Je me demande si ce n'est pas ce qui m'est arrivé.
En tombant dans ce bureau, je suis passé du cliché gogoth à un simple produit sorti du moule du monde professionnel, en me dissolvant peu à peu au fil des années. Rentré dans le rang comme ils disent ?
Est-ce là un désaveu complet ou bien la simple évolution de quelqu'un qui n'arrivera jamais à se divertir de quoi que ce soit ?
Allez, c'est vendredi.
Tiens, un bruit.
Edgar ?
Là, sur l'antenne du bâtiment en face. Je crois bien qu'un corbeau me regarde. Bizarre, ça me rappelle quelque chose.
Et il y a ce bruit aussi. Le bruit d'une poche que l'on traîne et qui semble contenir quelque chose de lourd. Suivi de bruit de pas. Qui se dirige vers mon bureau.
Bizarre.
Et regrettable. Mon thé va refroidir.
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